Crucifixion - Charis Kirchheimer - Ultrashop

Interview de Charis Kirchheimer

Comment as-tu choisis ton moyen d’expression ?

J’ai toujours aimé l’art. Il s’agissait de trouver quelque chose pour m’exprimer, là où les mots ne suffisaient plus. J’aime la peinture mais je trouvais la mienne enfantine. L’écriture m’intéresse également mais je n’arrivais pas à manier les mots. La photographie fut donc un choix logique car je peux exprimer beaucoup plus de chose par rapport aux mots. En ce qui me concerne en tout cas.

Ce médium est-il secondaire par rapport à ton propos ou étroitement lié ?

Mes égéries m’inspirent généralement et j’essaie de travailler de manière organique dans le cadre d’un thème ou une idée… Je n’ai jamais une idée absolue de ce que je voudrais créer. J’aime être surprise par mes propres créations.

Quel matériel utilises-tu et pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ?

Je me sers de nombreux appareils, variant entre des anciens appareils analogiques ‘mise au point / déclenchement’, des Polaroids jusqu’à des appareils réflex argentiques et numériques. J’aime aussi expérimenter avec la lumière et différents sortes de bouts de verre que je trouve, créant ainsi des images de type kaléidoscopique et des fuites de lumière, etc.

Comment une séance de travail se prépare t elle ?

Généralement à partir d’une planche de tendance pour que je puisse être raccord avec mon égérie et toute l’équipe. Et pour que je sois sur la même longueur d’onde ce qui concerne la direction que je voudrais prendre vis-à-vis de la création.

Peux-tu m’expliquer ce qui diffère entre tes débuts et ton travail actuel ?

Quand j’ai commencé à photographier mon but était de raconter un monde vrai, en saisir le moment sur le champ, en enregistrer l’histoire en temps réel. Aujourd’hui, j’aime créer de temps à autre des images qui donnent envie de voyager et qui permettent au spectateur de projeter ses propres perspectives.

PLUS
INTIME

Tes origines, ta culture ont-ils un rôle dans les oeuvres que tu produis ?

Je crois qu’on est influencé inconsciemment par la société ; tout ce qu’on voit, tout ce qu’on entend et même ce qu’on sent peut nous influencer. Je ne me suis jamais poser cette question, si ma culture et mes origines ont joué un rôle dans mon travail. J’imagine que si !

Quelles sont les sources de ton inspiration ?

Ma source d’inspiration résulte de ma vie quotidienne, des gens que je croise, des films, de la mode, des beaux endroits, de la musique et de la nourriture.

As-tu une anecdote qui permettrait de comprendre la genèse de ton travail ?

J’aime que les gens formulent leurs propres idées sur ce que représente mon travail, il reste ouvert à interprétation. C’est fascinant quand les gens me disent ce qu’ils pensent et ce qu’il retiennent de mon travail.

PLUS
PHILOSOPHIQUE

Souhaites-tu amener le spectateur à se questionner ou préfères tu l’interpeller ?

Comme je l’ai déjà expliqué, j’aime que le spectateur ressente ce qui lui vient à l’esprit, qu’il se questionne ou que le travail l’interpelle.

Quel regard portes-tu sur l’humain, et par conséquent à travers ton travail ?

Je pense que l’homme est curieux et en constante évolution – il y a de place pour l’amélioration, tout comme mon travail d’ailleurs.

Si tu devais comparer ton dernier travail avec le prochain ?

Il n’y a aucune comparaison possible à faire puisqu’il n’y a aucune cohérence entre eux.

L’art est-il de la poésie ou une intervention sociale ?

Ça dépend. Un peu des deux.

POUR
CONCLURE

Quel regard portes-tu sur ton propre travail ?

Il est en constante évolution et est potentiellement meilleur que le précédent. Je ne suis jamais totalement satisfaite car je vois toujours les améliorations que je peux y apporter.

Quels sont tes projets en cours, à venir ?

En ce moment je suis sur la création d’un coffee table book sur mes égéries au fil des années.

Est-ce que tu as autre chose à ajouter ? Tu as le dernier mot…

Être toujours soi-même et ne pas s’excuser.