The bottom of the shadow 1 - Dolores Medel - Ultrashop

Interview de Dolores Medel

Comment as-tu choisis ton moyen d’expression ?

Eh bien, je pense que c’était très naturel, j’ai simplement découvert un jour que je voulais prendre des photos, j’étais très jeune, j’avais environ 8 ou 9 ans, la photographie faisait partie de ma vie quotidienne.

Ce médium est-il secondaire par rapport
à ton propos ou étroitement lié ?

Je considère que la photographie fait partie de ma vie, elle est donc toujours liée à mes centres d’intérêts.

Quel matériel utilises-tu et
pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ?

Pour le moment, qu’un équipement numérique

Comment une séance de travail se prépare t elle ?

En fait je n’ai pas de « formule type » pour une séance de travail, mais je pense que tout commence toujours par des recherches. Les séances de travail dépendent du thème que je développe, chaque projet est différent et prend forme d’une manière différente.

Peux-tu m’expliquer ce qui diffère
entre tes débuts et ton travail actuel ?

Je pense que je grandis avec chaque projet. Mes manières de conceptualiser les images ont changé depuis que j’ai assisté au colloque de photographie contemporaine au Centre de l’image au Mexique. Là, j’ai appris comment transformer mon imagerie personnelle en photographies. Beaucoup d’introspection, mais surtout de la lecture et des recherches.

PLUS
INTIME

Tes origines, ta culture ont-ils un rôle
dans les oeuvres que tu produis ?

Certainement. 100%. Je suis le fruit de mon histoire familiale, de mes histoires d’enfance, des gens autour de moi et de la ville où j’ai grandi, des lieux que j’ai visités, des livres, de la musique, des films et de la ville où je vis.

Quelles sont les sources de ton inspiration ?

La vie, la famille, l’histoire, la littérature, la musique.

As-tu une anecdote qui permettrait
de comprendre la genèse de ton travail ?

Avec ce projet, “The bottom of the shadow” (Au fond de l’ombre) je vivais des moments difficiles avec de la santé de mes parents, je voulais donc faire une sorte d’hommage à ma mère et à ses parents, surtout à la relation qu’elle n’a jamais eu avec son père parce qu’il est mort de manière tragique lorsqu’elle avait 6 ans. Sa mort est une sorte de tabou dans ma famille, parce qu’elle est liée au fratricide, alors… Tout ce qui entoure mes grands-parents est confusion, mystère et intrigue, et m’incite à raconter cette histoire, mais pas sous la forme d’un récit linéaire.

L’actualité rentre-t-elle en compte dans
ta fabrication ou au contraire t’en détaches-tu ?

Difficile… Peut-être le deuxième. Je sais que je suis influencée par tout ce qui se passe dans mon pays et dans le monde, mais je préfère jouer avec la fiction, je ne veux vraiment pas être –par exemple- un photojournaliste ou un photographe documentaire typique, parce que j’ai beaucoup de préjugés sur la manière dont la presse et les médias traitent habituellement les gens pour gagner de l’argent ou une notoriété. Mais, en même temps, j’apprécie vraiment le bon journalisme, je sais que c’est essentiel pour effectuer des changements dans notre société et c’est par ce moyen que je peux m’interroger sur l’actualité. Finalement, tout est né de la réalité, mais la fiction me permet la liberté.

UN PEU PLUS
PHILOSOPHIQUE

Tes oeuvres sont-elles plutôt un dialogue,
une trace ou encore une dénonciation ?

Une trace…

Souhaites-tu amener le spectateur
à se questionner ou préfères tu l’interpeller ?

Les deux actions sont intéressantes. Je veux lui laisser la liberté de faire sa propre interprétation, sa propre histoire.

Quel regard portes-tu sur l’humain,
et par conséquent à travers ton travail ?

Une époque sombre. Je m’intéresse profondément aux émotions humaines et à leur manière d’influencer les actions des êtres humains. Mon travail se concentre là-dessus.

Si tu devais comparer ton dernier travail avec le prochain ?

Ils sont tous liés. Tous mes projets font partie, en fait, d’un seul projet.

L’art est-il de la poésie ou une intervention sociale ?

Je ne sais pas exactement, mais je veux croire que c’est étroitement lié à la poésie.

POUR
CONCLURE

Quel regard portes-tu sur ton propre travail ?

Comme les chapitres de – pour l’instant – une histoire sans fin…

Quels sont tes projets en cours, à venir ?

Je travaille sur un projet qui traite de la peur de la mer, et j’ai quelque chose sur les cheveux bouclés et les personnes d’ascendance africaine. J’ai besoin de terminer cela avant de commencer un autre projet, mais j’ai déjà une vague idée pour l’année prochaine.

Une traduction de
Louise Jablonowska