Wild - Kimbra Audray - Ultrashop

Interview de Kimbra Audrey

Comment as-tu choisis ton moyen d’expression ?

J’ai été mannequin pendant une petite décennie. Je me sentais frustrée par les images superficielles crées à partir de moi. J’ai commencé alors à réaliser des autoportraits représentant la manière dont je me voyais. Je voulais créer des images authentiques, honnêtes et brutes. L’utilisation de l’argentique sans retouches, était la meilleure manière pour moi de poursuivre cette voie.

Ce médium est-il secondaire par rapport à ton propos ou étroitement lié ?

Je suis mon propre sujet, donc oui, nous sommes très étroitement liés ! Toutes mes photos montrent un aspect de ma personne.

Quel matériel utilises-tu et pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ?

Je travaille exclusivement en argentique. Je développe la pellicule et je la tire chez moi. Ce que j’aime le plus concernant l’argentique, c’est que la pellicule est une chose physique et palpable. Je la touche et je la traite. Pour moi, un autoportrait ne revient pas simplement à prendre une photographie mais c’est tout le processus avant et après qui crée l’image.

Comment une séance de travail se prépare-t-elle ?

Très organiquement et mes émotions en font partie. Je documente tout ce que je ressens, que ça soit la tristesse, la colère, la frustration ou la joie. Je ne juge jamais ce que je ressens, j’essaie d’être aussi présente que possible quand je photographie.

Peux tu m’expliquer ce qui diffère entre tes débuts et ton travail actuel ?

Mes autoportraits étaient complètement privés lorsque j’ai commencé. Je ne les partageais avec personne. Il m’a fallu longtemps avant que je ne les partage avec mes amis proches. Je ne réalisais des autoportraits que pour moi-même. Aujourd’hui, je les partage davantage.

PLUS
INTIME

Tes origines, ta culture ont-ils un rôle dans les œuvres que tu produis ?

Je pense qu’il serait naïf de dire non. Mes origines et mon histoire font partie de moi et sont liés à tout ce que je fais et je crée.

Quels sont les événements qui t’ont le plus influencé ?

Mes plus grandes déceptions.

Quelles sont les sources de ton inspiration ?

Moi-même, mes émotions et mes expériences. Mon travail est l’autoportrait, ce qui est complètement égocentrique. Je ne permets à personne d’influencer mon travail, sinon je risquerais d’être moins authentique.

PLUS
PHILOSOPHIQUE

Souhaites-tu amener le spectateur à se questionner ou préfères tu l’interpeller ?

Franchement, je ne pense pas beaucoup aux spectateurs. Mon travail n’est pas fait pour ça. S’il arrive que quelqu’un ressente quelque chose en observant mon travail, c’est un bonus. Mais ce n’est ni mon but ni mon intention.

Quel regard portes tu sur l’humain, et par conséquent à travers ton travail ?

J’aime tous les êtres et j’aime tout mon travail.

L’art est il poésie ou intervention sociale ?
Je pense que l’art n’est ni l’un ni l’autre et les deux à la fois.

POUR
CONCLURE

Quel regard portes-tu sur ton propre travail ?

Je suis ma plus grande critique. Mon travail est très personnel et très privé. Je garde la plupart de mon travail pour moi. Il me faut toujours beaucoup de temps pour bien le comprendre et l’apprécier. Je reviens sans cesse sur mes vieilles pellicules photos et j’y trouve de nouvelles images et de nouvelles significations.

Quels sont tes projets en cours, à venir ?

Je travaille tranquillement sur un livre. Au fil du temps, il évolue.

Vois-tu une chose à ajouter ? Je te laisse le mot de la fin…

Aimez tout le monde et dites la vérité !