Two Guns, Arizona - Kyle McDougall - Ultrashop

Interview de Kyle McDougall

Comment as-tu choisis ton moyen d’expression ?

J’avais travaillé en argentique pendant une courte période au début de ma carrière, mais je l’ai surtout redécouvert il y a quelques années. J’ai alors décidé de passer entièrement du numérique à l’analogique. Cela s’est produit à un moment de ma carrière où je commençais à changer d’orientation dans ma création d’images, des paysages ‘traditionnels’ au travail que je réalise actuellement.

Ce médium est il secondaire par rapport à ton propos ou étroitement lié ?

J’aime beaucoup l’apparence et le caractère que fournit l’argentique et j’ai l’impression que cela correspond bien à la matière que je saisis, mais le déroulement du travail avec l’argentique est aussi une part importante de cette attraction. L’utilisation d’un appareil de trente ou quarante ans pour saisir des scènes nostalgiques, est quelque chose qui s’est imposé naturellement. Aussi, je ne veux pas que les images que je crée soient parfaites – je veux qu’elles aient des imperfections subtiles et uniques. Travailler avec un appareil numérique à l’optique parfaite ne me semble donc pas être un bon choix pour moi.

Quel matériel utilises tu et pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ?

Presque toutes les images de mon portfolio actuel ont été prises sur du film 35mm ou au moyen format, et pour la plupart en utilisant de la pellicule Kodak Portra 400 par préférence. J’aime beaucoup le rendu de la Portra pour du désert – notamment les bleus du ciel et les marrons orangés du paysage. Ces deux couleurs complémentaires existent dans presque toutes mes images.

Comment une séance de travail se prépare t elle ?

Mon portfolio concerne actuellement le sud-ouest des États-Unis, et puisque j’habite au Canada, je peux donc visiter cette région seulement plusieurs fois par an. C’est pour cette raison que je ne réalise pas d’images toute l’année. Du coup lorsque j’entreprends un périple photo, je passe sept à dix jours seul à voyager et créer. Une fois rentré, j’ai donc beaucoup de négatifs à scanner et d’images à développer au cours des mois qui suivent.

Peux tu m’expliquer ce qui diffère entre tes débuts et ton travail actuel ?

J’aime considérer que mon travail est en constante évolution. Mon objectif ultime au niveau de mon travail actuel est d’en réaliser un livre, mais je ne suis pas encore au point d’avoir terminé de capturer le sud-ouest. Je découvre encore de nouveaux coins et de nouvelles idées au cours de chacun de mes voyages, le projet prend de l’ampleur. J’essaie de rester curieux et ouvert, de voir où le travail me mène. Je n’ai pas d’idées préconçues ou d’attentes particulières en ce qui concerne ce travail. Je le laisse prendre forme avec le temps.

PLUS
INTIME

Quels sont les événements qui t’ont le plus influencé ?

Je me suis concentré sur la création de photo de paysages traditionnelle pendant presque dix ans. Mais il y a eu un moment où j’ai commencé à perdre tout mon intérêt pour ce genre. En 2017, nous avons vendu avec ma femme notre maison. Nous avons acheté un camion avec une remorque pour traverser le Canada et les États-Unis durant un an. C’est lors de ce voyage que j’ai découvert le sud-ouest et ses paysages qui font aujourd’hui parti de mon travail actuel. C’est cette période pleine de découvertes qui a ravivé ma passion pour la photographie et qui a joué un grand rôle dans ma direction actuelle.

Quelles sont les sources de ton inspiration ?

Les plus grandes sources d’inspiration pour moi sont les environnements que je capture et l’excitation de ‘ce qui arrivera’. Quand je m’aventure dans un voyage photographique je suis souvent tout seul avec un plan approximatif de la direction que je vais prendre et des régions que je voudrais explorer. Mais je n’ai jamais une idée très précise de ce que je trouverai. Il y a toujours ma curiosité et mon enthousiasme qui me guident lorsque je roule le long des petites routes et que j’explore de petites villes.

PLUS
PHILOSOPHIQUE

Souhaites-tu amener le spectateur à se questionner ou préfères tu l’interpeller ?

Avec mon travail actuel, j’aimerais beaucoup amener le spectateur à se questionner. Les paysages et les endroits que je capture sont souvent des aperçus du passé – quelquefois c’est aussi simple qu’une ancienne enseigne, d’autres fois c’est un bâtiment délabré ou une rue principale totalement vide. L’essence de mon travail est le ‘temps’ ; c’est ce que j’essaie de représenter dans chacune de mes images.

Si tu devais comparer ton dernier travail avec le prochain ?

En ce moment, je ne suis pas certaine sur quoi mon prochain travail se concentrera exactement, mais il est fort probable qu’il partagera certaines similitudes avec le portefeuille actuel que je suis en train de créer. J’ai eu quelques réflexions concernant un travail sur la région où j’habite actuellement, mais jusqu’à ici, rien n’a vraiment ressorti des images que j’ai faites.

POUR
CONCLURE

Quel regard portes-tu sur ton propre travail ?

C’est une bonne question, je ne suis pas certain de pouvoir y répondre tout de suite. Comme je l’ai dit, actuellement je laisse le travail me guider. Les régions que je photographie m’attirent sur le plan esthétique et historique. Au fur et à mesure que mon portfolio se développe, la direction devient de plus en plus claire et cela commence à prendre forme. La réponse la plus courte que je puisse vous donner est d’aller voir mon site web.