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Interview de Patrick Warner

Comment as tu choisi ton moyen d’expression ?

J’ai toujours aimé le cinéma et les films et donc la photographie était une progression toute naturelle. Stanley Kubrick, l’un de mes réalisateurs préférés, a débuté sa carrière en tant que photographe quand il était enfant. Quand je suis tombé sur son travail de photographie de rue, j’ai décidé de m’immerger dans la photographie.

Ce médium es-til secondaire par rapport à ton propos ou étroitement lié ?

Étroitement lié, une image n’est pas possible sans un médium.

Quel matériel utilises-tu et pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ?

J’utilise un appareil Mamiya 7 à viseur télémétrique, d’un trépied, et de pellicules Kodak Portra 400.

Comment une séance de travail se prépare t elle ?

Généralement, j’y consacre du temps et je prends des photos ou bien c’est plutôt spontané. C’est soit quelque chose dans le quartier ou bien je choisis un endroit dans le Montana et j’y vais en voiture.

Peux-tu m’expliquer ce qui diffère entre tes débuts et ton travail actuel ?

Je sens que je comprends mieux comment capturer un tableau ordinaire et le rendre plus intéressant grâce à la lumière. Si quelque chose a changé, c’est ma compréhension du fonctionnement de la lumière naturelle en prise de vue.

PLUS
INTIME

Tes origines, ta culture ont ils un rôle dans les oeuvres que tu produis ?

L’Etat du Montana où je suis né, a certainement influencé mon travail. J’imagine que mon travail témoigne de mon regard sur l’Etat au fur et à mesure que je vieillis.

Quels sont les événements qui t’ont le plus influencé ?

Travaillé comme technicien d’urgence médicale dans la réserve indienne de Fort Belknap m’a exposé à une partie différente de l’Etat à l’est. C’était complètement différent de l’endroit où j’habite.

Quelles sont les sources de ton inspiration ?

Beaucoup de choses. Musique, films, photographie, tout simplement de l’art de qualité en général. Mais certainement un bon livre de photos ou tomber sur de la très bonne photographie m’inspire toujours.

As tu une anecdote qui permettrait de comprendre la genèse de ton travail ?

Je ne sais pas, tous ces moments de frustration sur la route me conduisent d’un endroit à un autre ce qui conduit à une photo intéressante. Dans un grand état comme le Montana, il y a toujours quelque chose d’inédit à photographier.

L’actualité rentre-t-elle en compte dans ta fabrication ou t’en détaches tu ?

 L’actualité aux ÉtatsUnis est assez politique en ce moment et je ne vois pas du tout ça dans mon travail. En général, je suis mon instinct et je vois après.

UN PEU PLUS
PHILOSOPHIQUE

Tes oeuvres sont-elles plutôt un dialogue,
une trace ou encore une dénonciation ?

Peutêtre un dialogue pour certaines sur la façon dont les gens ont tendance à voir les autres à l’ouest des ÉtatsUnis, mais j’aime les considérer comme une trace ou un sentiment que je ressens quand je fais un tour en voiture dans le Montana pour prendre des photos. Ce n’est pas forcément un état de joie ou de tristesse.

Quel regard portes-tu sur l’humain, et par conséquent à travers ton travail ?

À mon avis, les gens sont compliqués. Les portraits peuvent saisir l’aspect d’un sujet, mais pas vraiment  leur caractère. Je n’ai pas pris de portraits ces dernières quelques années et j’ai l’intention de m’y remettre, mais pour le moment, ils font partie d’un paysage plus vaste.

Si tu devais comparer ton dernier travail avec le prochain ?

Le prochain travail sera peut-être plus douloureux à réaliser, mais plus satisfaisant que le dernier j’espère.

Est-ce que l’art est de la poésie ou de l’intervention sociale ?

C’est peutêtre une sorte de justice poétique.

POUR
CONCLURE

Quel regard portes-tu sur ton propre travail ?

Toujours des travaux en cours.

Quels sont tes projets en cours, à venir ?

Je pense à quelque chose autour des changements dans l’environnement et le paysage politique ici dans le Montana.

>Est-ce que vous avez quelque chose à ajouter ? Je vous laisse le mot de la fin…

J’apprécie toujours que quelqu’un regarde mon travail. Le fait que quiconque a passé du temps à regarder mes trucs est incroyable. Donc merci !

Une traduction de
Louise Jablonowska