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Interview de Sandrine Hermand-Grisel

Comment as tu choisis ton moyen d’expression ?

Je ne sais pas si je peux dire que j’ai choisi la photographie, je dirai plutôt que la photographie m’a choisie. Petite fille je jouais avec des appareils photo en plastique où je regardais défiler des photos aux airs de cartes postales ; plus tard j’ai récupéré un vieil appareil photo de mon père que je n’ai plus quitté. Capturer des images s’est imposé à moi tout naturellement.

Quel matériel utilises tu et pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ?

J’ai longtemps travaillé avec un Leica M et même si j’y reviens de temps en temps car je suis toujours fascinée par la beauté des tirages argentiques, je travaille désormais au quotidien avec un Nikon D4 et principalement un objectif 50mm F/1.4 Le numérique apporte le confort de l’instantanéité, de la flexibilité et coûte beaucoup moins cher.

Peux tu m’expliquer ce qui diffère entre tes débuts et ton travail actuel ?

Mon travail étant très personnel je suppose que mes projets gagnent en maturité avec le temps. Non seulement sur le plan technique car j’apprends tous les jours mais aussi dans ma démarche artistique. Être membre du jury pour des concours ainsi que curatrice du magazine All About Photo me permet également d’évoluer et d’éduquer mon regard.

PLUS
INTIME

Tes origines, ta culture ont ils un rôle dans les oeuvres que tu produis ?

Mes origines françaises jouent très certainement un rôle dans la vision que j’ai du monde qui m’entoure et plus particulièrement celle des Etats-Unis où j’habite maintenant depuis presque 12 ans. Comme je l’indique dans l’introduction de ma série « Somewhere », en tant qu’expatriée, je ne m’y sens ni tout à fait touriste, ni tout à fait étrangère, ni tout à fait chez moi… Cette perception toute personnelle se reflète dans mon travail et plus particulièrement dans mes séries de paysages américains. Quant à mes projets plus intimistes, qu’il s’agisse des photographies de mes enfants (Nymphéas) ou de mes proches (Nocturnes), ils sont fortement influencés par la peinture et la sculpture, source vive de mon éducation artistique.

Quelles sont les sources de ton inspiration ?

Je puise mon inspiration de mon vécu, des gens que j’aime et parfois de mes rêves. Ce sont des envies subites ou plus réfléchies, des images qui m’habitent et que je dois partager.

L’actualité rentre-t-elle en compte dans ta fabrication ou au contraire t’en détaches tu ?

L’actualité ne rentre pas en compte dans mon travail, c’est même le contraire tant je tente de la fuir. C’est pour échapper aux réalités qui me minent que je m’enfuis par l’intermédiaire de mon travail dans un monde de rêves, de douceur et de beauté. J’ai un besoin vital de m’échapper, de fuir…

UN PEU PLUS
PHILOSOPHIQUE

L’art est il poésie ou intervention sociale ?

L’art est selon-moi une combinaison des deux. Tout dépend de l’artiste, de son propos, de ses conflits ou des circonstances qui l’ont amenées à créer son œuvre. En ce qui concerne mon travail, il n’est que poésie mais c’est un choix.

POUR
CONCLURE

Quels sont tes projets en cours, à venir ?

Les idées ne me manquent pas, les projets en cours sont pluriels, mais tant qu’ils ne sont pas proprement définis, je les garde pour moi.