Una Questione Meridionale #3 Sergio Camplone Ultrashop

Interview de Sergio Camplone

Comment as-tu choisi ton moyen d’expression ?

Après avoir consacré la première partie de ma vie à la musique, je me suis tourné vers la photographie. J’ai étudié la photographie à la ‘c.f.p. Riccardo Bauer’ à Milan et j’ai obtenu mon diplôme en 2000. Je pense que c’est la photographie qui m’a choisi.

Ce médium est-il secondaire par rapport à ton propos ou étroitement lié ?

En ce moment c’est étroitement lié à ce que je fais et comment je le fais.

Quel matériel utilises-tu et pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ?

Toutes les images dans mon portfolio existant étaient créées en moyen format, alternant pellicule 6×7 et numérique. Peut-être est-ce une obsession ou peut-être est-ce juste une question de qualité ?

Comment une séance de travail se prépare-t-elle ?

Ça dépend du type de travail. Les oeuvres commandées ont des contraintes, pendant que mes projets personnels découlant de ma réflexion prennent beaucoup de temps. D’habitude, je commence à partir de livres que je lis à ce moment-là, ou autour de faits ou de gens qui éveillent mon intérêt.

Peux-tu m’expliquer ce qui diffère entre tes débuts et ton travail actuel ?

Je ne sais pas exactement. Je pense que c’était une progression liée à mes intérêts émergents. Au début, je m’intéressais au paysage et les changements au fil du temps. Ensuite, le rapport entre les humains et la nature, et finalement la science.

PLUS
INTIME

Tes origines, ta culture ont-ils un rôle dans les œuvres que tu produis ?

Je pense que oui, je vis sur la côte est de l’Italie centrale du sud et cette région a façonnée mon utilisation de la lumière, une lumière claire et froide. En Italie la photographie de paysages est née avec Luigi Ghirri, influencé lui aussi par cette même froide lumière italienne centrale baignée par la mer Adriatique.

Quels sont les événements qui t’ont le plus influencé ?

Je ne connais pas la réponse à cette question.

Quelles sont les sources de ton inspiration ?

Quand j’étais plus jeune en outre la musique, j’aimais beaucoup lire des romans soi-disant d’anticipation. La science-fiction utopique comme celle de Philip K. Dick, des documentaires par Werner Herzog, des essais par Jared Diamond, les visions urbaines extraordinaires de Mike Davis et le Futur de J. G. Ballard.

As-tu une anecdote qui permettrait de comprendre la genèse de ton travail ?

Peut-être en 1997, quand j’ai décidé de changer de vie complètement et que j’ai quitté ma ville d’Italie du sud pour commencer à étudier la photographie dans une grande ville au nord. A Milan où j’ai vécu pendant 10 ans. Milan où l’on m’a offert comme cadeau mon premier livre de photo, Niente di antico sotto il sole de Luigi Ghirri. Maintenant ce livre est très difficile à trouver, et cher. Il a été comme une illumination. Il a stimulé mon intérêt pour le paysage à la périphérie des grandes villes.

L’actualité rentre-t-elle en compte dans ta fabrication ou au contraire t’en détaches-tu ?

Elle rentre tout à fait en compte. L’art devrait questionner le présent afin de questionner le futur. Pour moi, la photographie est un outil d’investigation, pas apaisant.

PLUS
PHILOSOPHIQUE

Tes oeuvres sont-elles plutôt un dialogue, une trace ou encore une dénonciation ?

Je dirais plutôt une trace. Je ne peux que proposer des réflexions sur ce qui nous entoure. Je pense que le seul but d’un artiste est de créer des doutes en ce qui concerne ce qu’on regarde.

Souhaites-tu amener le spectateur à se questionner ou préfères tu l’interpeller ?

L’art doit être astucieux pour poser des problèmes et des doutes. L’art est toujours une source d’émerveillement et de beauté, même quand c’est difficile.

Quel regard portes-tu sur l’humain, et par conséquent à travers ton travail ?

C’est une question extrêmement difficile. Après plusieurs années de photographie de paysage et d’analyse du territoire, où j’avais tendance à marginaliser la figure humaine, je me suis remis à faire face aux gens et à réaliser des portraits. Je m’intéresse au paysage, surtout aux nouveaux modes de vie, mais toujours en fonction des gens et leur capacité à changer le paysage, à faire leurs propres paysages. L’humain est toujours au centre de mon travail.

Si tu devais comparer ton dernier travail avec le prochain ?

Mon dernier travail résulte de ce temps inattendu : ma quarantaine pour le COVID-19. Mon travail précédent est le résultat d’une résidence artistique en Calabre, en Italie du sud. Ils ne se ressemblent pas du tout parce qu’ils résultent de réflexions différentes. Cependant, l’approche est similaire.

L’art est-il poésie ou intervention sociale ?

Quand ces deux choses convergent, le miracle de l’art a lieu.

POUR
CONCLURE

Quel regard portes tu sur ton propre travail ?

Cet entretien se déroule à mi-quarantaine de la Covid-19. Je ne sais pas, peut-être que c’est le bon moment de définir quelques-unes de mes idées.

Quels sont tes projets en cours, à venir ?

Je travaille actuellement sur des portraits, mais je continue mes recherches récurantes sur l’évolution du paysage et de l’architecture contemporaine, attiré par ces lieux qui sont soumis aux changements et aux transformations progressives au cours du temps.

Vois-tu une chose à ajouter ? Je te laisse le mot de la fin…

Je pense que la passion pour l’art et la beauté unit les personnes impliquées dans Ultrashop, les fondateurs et les collectionneurs. Donc, je suis plus qu’heureux de pouvoir participer à ce projet.

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