Interview de Violette Nell

Comment as tu choisis ton moyen d’expression ?

Mon moyen d’expression s’est imposé assez tardivement à moi au cours d’une convalescence prolongée. Auparavant, je n’avais jamais eu l’occasion de réellement m’intéresser à la photographie ; c’était un art que je regardais de loin. Pendant cette convalescence, j’ai eu le temps d’apprivoiser la photographie seule grâce à des livres et de m’exercer en faisant principalement des autoportraits. Ce qui semblait être juste une simple curiosité s’est rapidement transformée en passion au même titre que celle qui me lie au dessin et à la peinture.

Ce médium est il secondaire par rapport à ton propos ou étroitement lié ?

Ce médium est étroitement lié à mon propos dans la mesure où je me sers directement de mon boîtier pour créer généralement une atmosphère artistique ou poétique. Ainsi je tiens compte de mon appareil pour expérimenter des choses directement sur ce dernier comme la surimpression par exemple. Il m’arrive aussi de créer mes propres filtres couleur à l’aide de protège-cahiers transparents que je place devant l’objectif afin de renforcer une ambiance que je souhaite donner à ma photographie.

Quel matériel utilises tu et pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ?

J’utilise un matériel basique: un trépied en carbone pour les poses longues, les autoportraits, les photos de nuit. Pour les prises de vue en argentique, je m’accompagne de l’appareil de mes débuts à savoir le Minolta XD-7 qui a fait ses preuves. Pour les photographies de rue, prises sur le vif, j’utilise un nikon F65. Pour les prises de vue en numérique, un nikon D3100. Le prix joue sur le choix de mes appareils mais je suis attentive aussi à la qualité en ne négligeant pas les objectifs lumineux fixés sur les boîtiers.

Comment une séance de travail se prépare t elle ?

Cela dépend du thème choisi. Il peut m’arriver de flâner dans une ville et de me laisser porter par le charme de celle-ci en ayant rien préparé. J’aime alterner ces photographies plus spontanées avec des photographies plus recherchées. La plupart du temps, je fais un croquis qui résume mes idées, je note également les couleurs que je désire mettre en avant ainsi que les accessoires. Enfin, pour éviter les mauvaises surprises, j’emmène souvent avec moi deux appareils.

Peux tu m’expliquer ce qui diffère entre tes débuts et ton travail actuel ?

Au début, j’ai cherché ma voie en tâtonnant sans savoir quelle direction prendre, j’ai longtemps hésité avant de choisir de ne pas me limiter à un seul thème parce que les gens ont souvent tendance à vouloir vous mettre dans des cases prédéfinies. Finalement, j’ai appris à développer plusieurs projets autour de thèmes différents ou complémentaires tout en essayant de conserver ma sensibilité pour les couleurs et les atmosphères. Je suis aussi plus rigoureuse par rapport à la composition de mon image et plus sélective quant aux photos postées sur internet.

POUR
CONCLURE

Quel regard portes tu sur ton propre travail ?

Je porte un regard assez dur sur mon travail, je suis perfectionniste d’où mon désir d’épuiser au maximum mes séries. Généralement, ces dernières ne sont jamais vraiment achevées; j’y reviens inlassablement de peur d’avoir manqué le détail qui fera la différence et qui aurait mieux servi ma vision photographique. Je crois que c’est une manière de stimuler ma créativité pour ne pas me lasser de mon activité; je considère que le meilleur reste toujours à venir.

Quels sont tes projets en cours, à venir ?

Je travaille actuellement sur des séries de photos qui explorent le monde des couleurs. Dans le futur, j’ aimerais construire un projet autour des lieux abandonnés en France et ailleurs.